Un secteur d'activité regroupe les entreprises qui exercent la même activité principale, quelles que soient leur taille et leur forme juridique. En France, ce classement repose sur la nomenclature d'activités de l'Insee, qui attribue à chaque entreprise un code APE lors de son inscription au répertoire Sirene. Trois grands secteurs organisent la lecture économique : le primaire, qui prélève une ressource naturelle, le secondaire, qui la transforme dans l'industrie, le bâtiment et les travaux publics, et le tertiaire, qui produit des services et réunit près de trois emplois sur quatre.
Ce que le mot secteur recouvre, et ce qu'il ne recouvre pas
- Une entreprise n'appartient qu'à un seul secteur, celui de son activité principale, même si elle exerce plusieurs métiers.
- Secteur, branche et filière sont trois découpages différents : le premier classe des entreprises, le deuxième des unités de production, le troisième un enchaînement d'activités de l'amont à l'aval.
- Le découpage en primaire, secondaire et tertiaire sert à lire l'économie d'un pays ou d'une région ; la nomenclature de l'Insee, et ses 21 sections repérées par une lettre, sert à classer les entreprises une par une.
- Le secteur ne détermine ni la convention collective applicable, ni le régime fiscal : il décrit une activité, il n'ouvre aucun droit. Il pèse en revanche sur le coût du risque professionnel et sur le taux de cotisation accidents du travail.
Ce qu'est un secteur d'activité, et sur quoi il repose
L'Insee définit le secteur comme l'ensemble des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui exercent la même activité principale. Le mot important est principale : une société qui fabrique des pièces et les distribue relève d'un seul secteur, celui de l'activité qui pèse le plus dans son chiffre d'affaires ou dans ses effectifs. C'est ce qui rend la statistique publique possible, puisque chaque entreprise n'est comptée qu'une fois.
Cette activité principale est traduite en un code APE attribué par l'Insee au moment de l'immatriculation, à partir de ce que l'entreprise déclare. Ce code compte quatre chiffres suivis d'une lettre et renvoie à la nomenclature d'activités française, organisée en cinq niveaux emboîtés dont le plus large tient en 21 sections. Le détail de ces niveaux, la liste complète et le calendrier de la révision à venir font l'objet d'une page entière, consacrée à la liste des codes NAF.
On le retrouve sur l'avis de situation Sirene, sur l'extrait d'immatriculation et dans la plupart des fiches publiées en ligne. Il constitue la donnée de départ de toute analyse sectorielle : sans lui, aucune comparaison entre sociétés d'une même activité n'est possible.
Primaire, secondaire, tertiaire : le découpage en trois secteurs
Le classement en trois secteurs vient de l'économiste Colin Clark, qui le formule en 1940, et il a été popularisé en France par Jean Fourastié dans Le Grand Espoir du XXe siècle, publié en 1949. Il ne décrit pas des métiers mais la position d'une activité dans la chaîne de production : prélever, transformer, servir.
Le secteur primaire
Il réunit les activités qui exploitent directement une ressource naturelle : agriculture, élevage, sylviculture, exploitation du bois, pêche, aquaculture, extraction minière. C'est le secteur le plus réduit en emploi dans une économie développée, de l'ordre de 2 à 3 % des actifs en France selon l'Insee, alors qu'il dominait encore l'emploi français au début du XXe siècle. Sa production alimente ensuite l'industrie agroalimentaire et la grande distribution, si bien que l'agriculture pèse dans l'économie bien au-delà de sa part dans l'emploi.
Le secteur secondaire
Il rassemble tout ce qui transforme une matière : industrie manufacturière, agroalimentaire, métallurgie, industrie chimique, industrie pharmaceutique, textile, papier, matériel électrique et électronique, construction automobile, aéronautique et défense, énergie, bâtiment et travaux publics. En France, l'industrie et le BTP réunissent aujourd'hui moins d'un emploi sur cinq. Le poids du secondaire varie fortement d'une région à l'autre, ce qui explique que les observatoires régionaux publient leurs propres statistiques sectorielles plutôt que de reprendre la moyenne nationale.
Le secteur tertiaire
Il couvre les services, marchands comme non marchands, et c'est de loin le plus vaste : commerce de gros et de détail, transport et logistique, hôtellerie, restauration, tourisme, banque, assurance, activités juridiques et comptables, conseil en gestion, informatique et numérique, télécommunication, maintenance et services aux entreprises, immobilier, santé, action sociale, enseignement et formation, administration publique, culture, spectacle, audiovisuel, art, sport et animation. Il concentre environ trois emplois sur quatre.
On entend parfois parler d'un secteur quaternaire, qui regrouperait la recherche, l'information, l'intelligence artificielle et les activités à forte intensité de connaissance. La notion est utile en géographie économique, mais elle n'a aucune définition statistique officielle : l'Insee ne la retient pas, et ces activités restent comptées dans le tertiaire.
Secteur, branche, filière : trois découpages que l'on confond
Les trois mots circulent comme des synonymes et désignent pourtant des objets différents. Les distinguer évite bien des contresens à la lecture d'une publication statistique.
Le secteur classe des entreprises selon leur activité principale. Une entreprise n'y figure qu'une fois, avec la totalité de son chiffre d'affaires et de ses effectifs, y compris ceux de ses activités secondaires.
La branche classe des unités de production homogènes. Une entreprise qui fabrique deux produits différents relève de deux branches, chacune ne retenant que la part correspondante de sa production. C'est la notion employée dans les comptes nationaux, et elle explique pourquoi deux publications de l'Insee peuvent donner des chiffres différents pour la même industrie.
La filière suit un enchaînement d'activités liées, de l'amont à l'aval : la filière de production du bois va de la sylviculture à la scierie, à l'ameublement et à la distribution. Elle traverse donc plusieurs secteurs, et n'a pas de traduction dans la nomenclature. Une région parle volontiers de ses filières quand elle décrit son tissu économique, alors qu'une statistique nationale raisonne en secteurs.
L'artisanat et le numérique ne sont pas des secteurs de la nomenclature
Deux mots reviennent constamment dans le langage courant sans correspondre à une section de la nomenclature. L'artisanat n'est pas une activité mais un mode d'exercice : une entreprise artisanale se reconnaît à la nature de son activité, inscrite sur une liste réglementaire de métiers de production, de transformation, de réparation ou de service, et à sa petite taille au moment de l'immatriculation. Elle relève ensuite du secteur de son activité réelle, boulangerie dans l'agroalimentaire, plomberie dans le bâtiment, coiffure dans les services. Depuis 2023, son inscription se fait au registre national des entreprises, qui a repris le répertoire des métiers.
Le numérique se heurte à la même limite. Aucune section ne lui est consacrée : l'édition de logiciels, la programmation, le conseil en systèmes d'information, l'hébergement de données et les télécommunications se répartissent entre la section consacrée à l'information et à la communication et celle des activités de conseil. Un observatoire régional qui publie le poids du numérique dans son économie reconstitue donc un ensemble à partir de plusieurs codes, ce qui explique que deux études sur le même territoire n'aboutissent pas toujours au même chiffre.
Secteur, métier et profession : ce n'est pas la même chose
Un secteur regroupe des employeurs, un métier décrit ce que fait une personne. Un comptable exerce le même métier dans l'industrie, dans le commerce, dans l'hôtellerie ou dans une administration : son emploi change de secteur, pas de contenu. À l'inverse, un même secteur réunit des métiers qui n'ont rien de commun, puisque la logistique emploie des caristes, des informaticiens, des gestionnaires de paie et des commerciaux.
C'est pourquoi les sites d'orientation présentent des listes de métiers par secteur d'activité, utiles à un étudiant qui prépare sa carrière, à un demandeur d'emploi ou à un salarié en reconversion qui cherche une formation. La statistique d'entreprise, elle, raisonne en codes APE. Les deux lectures se complètent sans jamais se superposer, et les confondre fausse toute recherche d'information sur un marché : le nombre d'entreprises d'un secteur dans une région ne dit rien du nombre de postes d'un métier donné, ni des besoins de formation qui l'accompagnent.
Le poids des grands secteurs dans l'économie française
Les ordres de grandeur ci-dessous décrivent la répartition de l'emploi, d'après les publications de l'Insee. Ils bougent lentement, mais la valeur exacte d'une année donnée se vérifie directement sur le site de l'institut, dont les séries sont mises à jour chaque année.
| Secteur | Activités représentatives | Part de l'emploi |
|---|---|---|
| Primaire | Agriculture, sylviculture, pêche, extraction | de l'ordre de 2 à 3 % |
| Secondaire, industrie | Agroalimentaire, métallurgie, chimie, matériel de transport | environ un emploi sur neuf |
| Secondaire, construction | Bâtiment, travaux publics, artisanat du BTP | environ un emploi sur quinze |
| Tertiaire marchand | Commerce, transport, hôtellerie, restauration, information, finance | un peu moins de la moitié |
| Tertiaire non marchand | Administration, enseignement, santé, action sociale | environ un tiers |
Cette répartition nationale masque de fortes différences locales. Une région industrielle et une région touristique n'ont ni le même profil d'emploi ni les mêmes besoins de formation, et c'est la raison d'être des publications régionales de France Travail et des observatoires de l'emploi. Pour un chef d'entreprise, la moyenne utile est celle de sa région et de son secteur, pas celle du pays.
Le secteur pèse sur le risque professionnel et sur son coût
C'est l'effet le plus concret du classement sectoriel, et le plus souvent ignoré. La tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles ne repose pas sur le code APE mais sur un code risque, attribué à chaque établissement par la Carsat en fonction de l'activité réellement exercée. Deux établissements d'une même société peuvent donc en recevoir des différents, l'atelier et le siège administratif n'exposant pas aux mêmes dangers.
L'écart entre secteurs est considérable. Le bâtiment, les travaux publics, l'artisanat du BTP, la métallurgie et le transport supportent des taux de cotisation de plusieurs pour cent de la masse salariale, quand les activités de bureau, comptables, informatiques ou administratives restent très en dessous. Un même salaire ne coûte donc pas la même chose à un employeur selon son secteur, et cette différence se retrouve dans les comptes de gestion de toute la filière.
La prévention suit la même logique. Le document unique d'évaluation des risques professionnels s'impose à tout employeur dès le premier salarié, mais son contenu dépend des risques propres au secteur : chutes de hauteur et engins sur un chantier, manutention et circulation en logistique, risques chimiques et environnement de travail dans l'industrie, troubles musculosquelettiques dans l'hôtellerie et la restauration, sécurité des personnes dans le sport et l'animation. Les statistiques de sinistralité publiées par branche donnent le repère : c'est le secteur, et non la taille de l'entreprise, qui explique l'essentiel des écarts en matière de santé et de sécurité au travail.
Trouver le secteur d'activité d'une entreprise
La méthode la plus rapide consiste à partir de son numéro d'identification. Le numéro SIRET ou le SIREN donne accès à la fiche de l'entreprise, où figurent le code APE et son libellé en toutes lettres. L'avis de situation au répertoire Sirene et l'extrait Kbis portent la même information, le second y ajoutant l'objet social déclaré au greffe, souvent plus parlant que le libellé de la nomenclature.
Dans un annuaire, la recherche s'effectue dans les deux sens : à partir d'une société pour connaître son activité, ou à partir d'un code NAF et d'une zone géographique pour découvrir toutes les entreprises qui le partagent. C'est ce second usage qui rend la classification vraiment utile, puisqu'il transforme une donnée administrative en liste exploitable.
Vérifier que le code correspond vraiment à l'activité
Un code APE se périme. Il reflète l'activité déclarée au moment de l'immatriculation, et rien n'oblige une entreprise à le faire modifier quand son activité évolue. Une société créée pour du dépannage informatique et devenue éditeur de logiciels peut conserver son ancien code pendant des années. Avant de tirer une conclusion d'un classement sectoriel, il vaut donc mieux confronter le code au site de l'entreprise, à son objet social et à son dernier bilan. La demande de correction se fait auprès de l'Insee, et elle est gratuite.
Constituer une liste d'entreprises par secteur
Sélectionner un code NAF et un territoire produit une liste d'entreprises qui sert à trois usages distincts. Le premier est concurrentiel : les sociétés partageant votre activité principale dans votre département, avec leur date de création, leur effectif et leur chiffre d'affaires lorsqu'il est publié, donnent une cartographie du marché local. Le deuxième est commercial : une entreprise de maintenance industrielle qui cible les PME de la métallurgie n'a pas besoin d'un fichier acheté, la nomenclature suffit à qualifier ses prospects avant tout contact. Le raisonnement vaut pour un prestataire numérique qui cherche les commerces d'une agglomération, pour un service de blanchisserie qui vise l'hôtellerie et la restauration, ou pour un loueur de matériel qui recense les entreprises du bâtiment de sa région. Le troisième est prudentiel : avant de référencer un fournisseur, s'assurer que l'activité déclarée d'un fournisseur recouvre bien la prestation qu'on lui confie fait partie des contrôles élémentaires, au même titre que la fiabilité d'un sous-traitant.
Ces listes se construisent à partir de données publiques, diffusées en open data par l'Insee et par les greffes. Notre guide des sources de données d'entreprise détaille qui publie quoi et à quelle fréquence. La limite est toujours la même : la donnée décrit ce qui a été déclaré, pas ce qui est réellement exercé, et une liste sectorielle se relit avant d'être utilisée.
Questions fréquentes
Quels sont les principaux secteurs d'activité ?
La lecture économique distingue trois secteurs : le primaire, qui exploite les ressources naturelles, le secondaire, qui les transforme, et le tertiaire, qui produit des services. La nomenclature de l'Insee découpe ensuite ces trois ensembles en 21 sections repérées par une lettre, qui couvrent aussi bien la production agricole que les organisations internationales.
Comment définir le secteur d'activité d'une entreprise ?
Par son activité principale, c'est-à-dire celle qui pèse le plus dans son chiffre d'affaires ou dans ses effectifs. Cette activité est traduite en un code APE attribué par l'Insee lors de l'inscription au répertoire Sirene.
Quelle différence entre un secteur et une branche ?
Le secteur regroupe des entreprises classées selon leur activité principale, avec la totalité de leur production. La branche regroupe des unités de production homogènes : une entreprise qui fabrique deux produits différents relève de deux branches.
Comment trouver toutes les entreprises d'un secteur ?
En recherchant par code NAF dans un annuaire d'entreprises, en combinant ce code avec un département ou une région. Les données proviennent du répertoire Sirene et des greffes, et sont diffusées en open data.
Le secteur d'activité peut-il changer ?
Oui. Une entreprise dont l'activité principale évolue peut demander la modification de son code APE auprès de l'Insee. La démarche est gratuite, et elle est à l'initiative de l'entreprise : aucun changement n'intervient automatiquement.
Ce que le secteur d'activité ne décide pas
Un classement sectoriel décrit une activité, il ne crée aucune obligation. Le code APE ne suffit pas à désigner la convention collective : celle-ci se détermine d'après l'activité effectivement exercée et le champ d'application du texte, la jurisprudence étant constante sur ce point. Il ne fixe pas davantage le régime fiscal, qui découle de la forme juridique et des options exercées, ni les garanties d'assurance obligatoires, qui tiennent aux risques réellement encourus et non à une lettre de nomenclature.
Son intérêt est ailleurs, et il est considérable : il rend une entreprise comparable aux autres. Sans lui, aucune moyenne sectorielle, aucun ratio de gestion de référence, aucune statistique d'emploi par région ne serait possible. C'est un outil de lecture, pas un statut, et c'est en le prenant pour ce qu'il est que l'on en tire le plus.













