Le SIRET d'une entreprise, de sa lecture à sa vérification

Le numéro SIRET, pour système d'identification du répertoire des établissements, se compose de quatorze chiffres : le SIREN de l'entreprise sur neuf, puis un numéro interne de classement sur cinq. Le trouver est gratuit, l'annuaire des entreprises et le répertoire Sirene le rendent à partir du seul nom.

Le SIRET en quatre points

  • La recherche est gratuite et publique. L'annuaire des entreprises, service en ligne adossé à la base Sirene, retrouve ce numéro unique à partir d'une raison sociale, d'une adresse ou d'une activité, et affiche les informations légales de chaque établissement.
  • L'avis de situation au répertoire Sirene se télécharge ensuite sur le site de l'INSEE : c'est la pièce d'immatriculation datée que réclament les banques et les donneurs d'ordre.
  • Une même entreprise porte souvent plusieurs numéros, dont certains fermés. C'est l'état administratif de l'établissement, et non celui de l'entreprise, qu'il faut lire dans les données affichées avant de recopier un SIRET.
  • Cette page provient d'un annuaire privé, sans lien avec l'INSEE ni l'INPI : obtenir une attestation officielle ou déposer une demande relève des seuls sites publics mentionnés plus bas.

Où trouver le numéro SIRET d'une entreprise

Trois sources publiques suffisent, et aucune n'est payante. Elles puisent toutes dans le même répertoire, celui que tient l'institut national de la statistique, l'INSEE, depuis 1973, mais elles ne présentent pas l'information de la même façon et ne servent pas les mêmes usages. Choisir la bonne fait gagner du temps quand la recherche porte sur une enseigne à plusieurs adresses.

L'annuaire des entreprises, le point d'entrée le plus simple

L'annuaire des entreprises est le service public de recherche mis en ligne sur data.gouv.fr. Une raison sociale, un nom de dirigeant, une adresse ou un numéro d'identification déjà connu suffisent à ouvrir la fiche. Celle-ci affiche le SIREN de l'unité légale, puis la liste de tous les établissements avec leur SIRET, leur adresse, leur code d'activité et leur état administratif. C'est la voie la plus rapide pour trouver le SIRET d'une entreprise dont on ne connaît que l'enseigne, et elle fonctionne aussi bien pour une société commerciale que pour une association employeuse ou un entrepreneur individuel.

L'interface accepte les recherches approximatives : une orthographe incertaine, un nom commercial différent de la dénomination sociale, une commune seule. Elle propose alors plusieurs résultats, qu'il faut départager sur l'adresse ou sur l'activité déclarée. Le service ne demande aucune inscription et n'ouvre aucun espace personnel : la consultation est anonyme.

L'avis de situation au répertoire Sirene

L'avis de situation au répertoire Sirene est la pièce officielle qui prouve qu'un établissement est bien inscrit. Elle se télécharge gratuitement sur le site de l'INSEE, en saisissant un SIREN ou un SIRET. Sa valeur n'est pas la même que celle d'une simple fiche consultée en ligne : c'est lui qu'un donneur d'ordre, une banque ou une plateforme réclament quand ils demandent une preuve d'immatriculation. Il porte la date d'édition, l'adresse de l'établissement, le code APE et la date de création.

Sa limite est qu'il faut déjà disposer d'un numéro pour l'éditer. L'ordre naturel est donc l'annuaire d'abord pour identifier le bon établissement, l'avis de situation ensuite pour disposer d'une pièce datée.

Les documents qui portent déjà le numéro

Avant toute recherche en ligne, il vaut la peine de regarder les papiers que l'on a sous la main. Le SIRET figure sur le bulletin de paie de tout salarié, sur les devis et les factures de la plupart des prestataires, sur l'extrait Kbis d'une société commerciale, sur les contrats d'assurance professionnelle et sur les mentions légales d'un site internet sérieux. Pour un fournisseur avec lequel on travaille déjà, la réponse est souvent dans la dernière facture reçue.

Une quatrième piste existe pour les seules sociétés commerciales : Infogreffe, le service en ligne des greffes des tribunaux de commerce. On y consulte la fiche d'immatriculation, les comptes déposés et les actes, et le SIRET du siège y figure. Cette source ne remplace pas le répertoire Sirene, qui reste le seul à recenser tous les établissements, mais elle est utile lorsque la recherche porte autant sur la situation juridique que sur le numéro lui-même.

SourceCe qu'on y obtientUsage
Annuaire des entreprisesTous les SIRET d'une entreprise et leur étatRecherche à partir d'un nom
Avis de situation SireneUn document daté, opposablePreuve d'immatriculation
Base Sirene en open dataDes fichiers et une interface de programmationTraitement de masse
Extrait KbisLe SIRET du siège et les données du greffeDossier juridique

La quatrième voie mérite d'être connue de qui traite des volumes : la base Sirene est diffusée en open data depuis 2017 sous licence ouverte. Les fichiers complets et une interface de programmation permettent de rapprocher un carnet d'adresses entier du répertoire, sans saisir les numéros un par un. C'est le même gisement que celui décrit dans notre panorama des sources de données d'entreprise.

Chercher plusieurs numéros à la fois : open data et interface de programmation

Rapprocher un fichier de plusieurs milliers de lignes du répertoire ne se fait pas à la main. La base Sirene est diffusée en open data sous licence ouverte depuis 2017, ce qui autorise la consultation, le téléchargement et l'utilisation des données de diffusion, y compris à titre commercial. Deux voies coexistent pour rechercher en masse, et le choix dépend surtout de la fraîcheur attendue.

Le fichier complet à télécharger

Le stock des unités légales et celui des établissements se téléchargent en fichiers plats sur la plateforme data.gouv.fr, régénérés chaque mois. Un import dans une base locale permet ensuite de retrouver un SIRET par simple jointure, sans limite de volume ni de débit. C'est l'outil adapté à un rapprochement ponctuel de grande ampleur, par exemple le nettoyage annuel d'un fichier de prospection ou le contrôle d'un portefeuille de fournisseurs. Une entreprise qui doit gérer plusieurs milliers de références y gagne un temps considérable.

L'interface de programmation Sirene

L'INSEE publie également une interface de programmation, ou API, qui interroge le répertoire en temps réel. Sa documentation décrit les champs disponibles, les filtres et les quotas d'appel ; il faut créer un compte sur la plateforme développeur pour obtenir une clé. Cette API convient à une application qui doit consulter un numéro au moment même où l'utilisateur le saisit, par exemple un formulaire d'inscription ou un module de facturation. Les informations rendues sont celles de l'annuaire ; seul l'outil de consultation change.

Dans les deux cas, la règle de diffusion s'applique. Le statut de diffusion d'une unité conditionne ce que l'on voit : celles qui ont demandé la protection de leurs données apparaissent avec un jeu d'informations réduit, et un traitement automatisé doit prévoir ce cas de diffusion partielle plutôt que de conclure à une absence d'enregistrement. La mise à jour mensuelle du fichier et la diffusion en continu de l'API n'ont d'ailleurs pas la même fraîcheur, ce qui explique qu'un numéro tout juste attribué figure dans l'une et pas encore dans l'autre. Les deux ressources sont gratuites et rien n'oblige à choisir : beaucoup d'équipes chargent le fichier une fois par mois, puis interrogent l'API pour les cas récents. La possibilité de croiser les deux est le principal conseil à donner à qui gère un référentiel de fournisseurs sur cette plateforme.

Quel SIRET retenir quand l'entreprise en a plusieurs

C'est l'étape que la plupart des guides passent sous silence, et c'est pourtant là que se produisent les erreurs de facturation. Une entreprise à établissement unique ne pose aucune question : un SIREN, un SIRET, la recherche s'arrête là. Un réseau de douze agences porte douze numéros distincts, et seule l'adresse permet de désigner celui que l'on cherche.

Le siège n'est pas toujours l'établissement qui facture

La fiche d'une entreprise distingue le siège social des autres établissements. Le siège est l'adresse juridique, celle qui figure sur les statuts et sur les documents du registre du commerce ; ce n'est pas nécessairement le lieu où l'activité s'exerce. Une entreprise de travaux dont le siège est chez son expert comptable et dont l'atelier se trouve à trente kilomètres possède deux SIRET, et c'est celui de l'atelier qui apparaîtra sur un devis émis par l'équipe technique.

La règle pratique est simple : le numéro à retenir est celui de l'établissement qui exécute la prestation et qui émet le document. Recopier le SIRET du siège sur un bon de commande destiné à une succursale n'est pas une faute grave, mais cela complique le rapprochement comptable et peut retarder un paiement dans les grandes structures qui contrôlent la concordance.

Lire l'état administratif de l'établissement

Chaque établissement porte son propre état administratif, actif ou fermé, indépendant de celui de l'entreprise. Une entreprise parfaitement en activité peut compter cinq établissements fermés et deux ouverts : les numéros fermés restent visibles dans le répertoire, puisque l'INSEE conserve l'historique et ne réattribue jamais un SIRET à un autre établissement.

Un numéro fermé recopié sur un contrat produit un effet désagréable : la vérification automatisée d'un client ou d'une administration le rejette, alors que l'entreprise est bien en activité. Avant de recopier, il faut donc lire deux informations et non une seule, l'état de l'unité légale et l'état de l'établissement. Une entreprise radiée se repère de la même façon, et notre guide sur la radiation au registre du commerce détaille ce que cet état implique.

Comment lire les quatorze chiffres

La définition officielle tient en une ligne : le sigle SIRET désigne le système d'identification du répertoire des établissements. Le numéro se compose de deux blocs collés l'un à l'autre, et cette composition explique presque toutes les questions que les entrepreneurs se posent sur le sujet. La comprendre évite d'avoir à consulter un guide chaque fois qu'un numéro passe sous les yeux.

SIREN, code NIC et clé de contrôle

Les neuf premiers chiffres sont le numéro SIREN de l'entreprise, identique pour tous ses établissements. Les cinq suivants forment le code NIC, pour numéro interne de classement : quatre chiffres de rang, puis un cinquième qui sert de clé de contrôle. Le rang n'a aucune valeur descriptive et ne dit ni l'ancienneté ni l'importance de l'établissement dans l'entreprise ; il indique seulement l'ordre dans lequel l'INSEE a enregistré les adresses successives.

Prenons un exemple de lecture. Sur un numéro fictif écrit 123 456 789 00027, le bloc 123456789 identifie l'entreprise et le bloc 00027 l'établissement. Une seconde adresse de la même société portera 123 456 789 suivi d'un autre code NIC. C'est pourquoi deux SIRET dont les neuf premiers chiffres coïncident appartiennent toujours à la même personne morale ou au même entrepreneur individuel.

Ce qui fait changer un SIRET

Le SIREN d'une entreprise ne bouge pratiquement jamais. Le SIRET, lui, change dès que l'établissement déménage : la nouvelle adresse donne lieu à un nouveau code NIC, donc à un nouveau numéro, tandis que l'ancien passe à l'état fermé. Un changement de dénomination commerciale, en revanche, ne modifie rien, pas plus qu'un changement de dirigeant ou une évolution du statut juridique sans création d'entité nouvelle.

Cette mécanique a une conséquence directe sur la recherche : un SIRET trouvé dans un annuaire ancien, sur une facture de l'année précédente ou dans un fichier de prospection peut être périmé sans que l'entreprise ait cessé son activité. Une vérification dans le répertoire à jour est la seule façon de s'en assurer.

Vérifier qu'un numéro SIRET est authentique

Deux contrôles se complètent. Le premier est arithmétique et détecte une faute de frappe. Le second est documentaire et détecte une invention pure, celle que l'on rencontre sur les fausses factures et les faux devis.

Le contrôle arithmétique et son exception

Les quatorze chiffres se contrôlent par l'algorithme de Luhn, le même qui protège les numéros de carte bancaire. Le principe tient en une phrase : après avoir doublé un rang sur deux depuis la fin, puis réduit les résultats supérieurs à neuf, la somme obtenue tombe sur un multiple de dix. Un numéro mal recopié échoue presque toujours à ce test, ce qui explique qu'un logiciel de facturation rejette une saisie fautive sans même interroger le répertoire.

Il existe une exception documentée, et elle surprend souvent les développeurs : les établissements de La Poste ne satisfont pas cette règle. Leurs numéros sont contrôlés autrement, par la somme simple des quatorze chiffres, qui doit être un multiple de cinq. Un contrôle qui ignore ce cas particulier rejette à tort des milliers d'établissements parfaitement réels.

Les trois recoupements à faire avant de payer

Le calcul ne prouve rien à lui seul : un numéro inventé peut très bien tomber juste. Trois recoupements dans l'annuaire suffisent à lever le doute sur une facture.

  • La dénomination sociale rattachée au numéro correspond bien à celle du document reçu, nom commercial compris.
  • L'adresse de l'établissement concorde avec celle qui figure sur l'en-tête, à la commune près au minimum.
  • L'état administratif est actif, et la date de création de l'établissement est antérieure à la prestation facturée.

Ces trois contrôles prennent une minute et valent mieux qu'une étude approfondie menée après coup. Une discordance sur l'un de ces trois points ne signifie pas nécessairement une fraude : un déménagement récent, un nom commercial différent de la dénomination ou une facturation par le siège l'expliquent souvent. Elle justifie en revanche une question au fournisseur avant le règlement. En cas d'usurpation avérée de votre propre numéro, le signalement se fait auprès du greffe du tribunal de commerce et par un dépôt de plainte, et il est prudent de prévenir la banque ainsi que les principaux partenaires.

Les questions que l'on nous pose sur le SIRET

Quelle est la différence entre SIREN et SIRET ?

Le SIREN identifie l'entreprise elle-même sur neuf chiffres, le SIRET identifie un de ses établissements sur quatorze. Le second contient le premier : tout SIRET commence par le SIREN de l'entreprise à laquelle il appartient.

Comment vérifier un numéro SIRET gratuitement ?

En saisissant le numéro dans l'annuaire des entreprises, puis en comparant la dénomination, l'adresse et l'état administratif affichés avec le document que l'on détient. La consultation est gratuite et ne demande aucune inscription.

Un SIRET peut-il être réutilisé par une autre entreprise ?

Non. Un numéro fermé reste attaché à l'établissement qui l'a porté et n'est jamais réattribué. C'est ce qui permet de reconstituer l'historique d'une adresse commerciale sur plusieurs décennies.

Pourquoi une entreprise apparaît-elle avec plusieurs SIRET ?

Parce qu'elle exerce à plusieurs adresses, ou parce qu'elle a déménagé au moins une fois. Chaque adresse a reçu son propre code NIC, donc son propre numéro, et les anciens restent visibles à l'état fermé.

Le SIRET est-il obligatoire sur une facture ?

Le code de commerce impose le numéro unique d'identification, c'est-à-dire le SIREN. Le SIRET n'est pas exigé en tant que tel sur une facture, mais l'usage de le porter est largement répandu et il reste obligatoire sur le bulletin de paie.

Obtenir le numéro SIRET de sa propre entreprise

La question se retourne pour qui vient de se lancer : il ne s'agit plus de chercher le numéro d'un tiers mais d'obtenir le sien. Aucune demande particulière n'est à déposer, et beaucoup de créateurs perdent du temps à chercher un formulaire qui n'existe pas. Créer son activité et obtenir son numéro sont un seul et même geste : la démarche de déclaration produit l'identifiant.

La formalité passe par le guichet unique

Depuis le 1er janvier 2023, la déclaration de création d'entreprise se dépose sur le guichet unique des formalités, portail confié à l'INPI. Le déclarant ouvre un espace personnel, renseigne la forme juridique retenue, l'adresse et l'activité, puis joint ses pièces. Le dossier part ensuite vers les organismes destinataires. L'INSEE inscrit l'entreprise au répertoire et délivre du même coup son SIREN et un premier SIRET, celui de l'établissement initial.

Le parcours est identique quelle que soit la structure retenue : SASU, SAS, EURL, SARL, entreprise individuelle ou micro entreprise déposent la même demande d'immatriculation sur le portail, et le choix entre ces formes est traité dans notre comparatif des formes juridiques d'entreprise. Les documents de préparation, statuts ou business plan, appartiennent au projet et non à la formalité : ils ne conditionnent pas l'attribution du numéro. Le déroulé complet est détaillé dans notre guide pour créer une entreprise en France. Le délai courant se compte en quelques jours ouvrés pour un dossier complet ; aucun texte ne fixe de durée maximale, ce qui invite à ne pas facturer avant réception de la confirmation.

Quand une fiche reste introuvable

Une recherche infructueuse a rarement une cause unique. L'immatriculation peut être trop récente, le répertoire mettant quelques jours à se propager vers l'annuaire. La dénomination recherchée peut être un nom commercial absent de la base, qui ne connaît que la dénomination sociale. L'entreprise peut aussi avoir demandé une diffusion restreinte de ses données : un entrepreneur individuel exerçant à son domicile est en droit de s'opposer à la publication de certaines informations, et sa fiche n'affiche alors qu'une partie des éléments habituels.

Dans ce dernier cas, le numéro existe bel et bien et l'entreprise reste tenue de le communiquer à ses clients et à ses partenaires. La demande se fait directement auprès d'elle. Si la recherche visait un professionnel dont on connaît le secteur, l'entrée par l'annuaire d'entreprises ou par le code NAF de son activité donne parfois de meilleurs résultats qu'une recherche sur le nom.

Reste le cas d'une fiche présente mais erronée : une adresse périmée, une activité qui ne correspond plus, un état administratif faux. La correction ne se demande pas à l'annuaire, qui n'est qu'un miroir, mais à l'INSEE, qui tient le répertoire. Il faut donc consulter le site de l'institut et contacter le service Sirene par le formulaire de signalement prévu à cet effet ; la démarche est gratuite et ne demande aucune pièce particulière. Un artisan préférera contacter sa chambre de métiers, un commerçant le greffe pour ce qui relève du registre du commerce. Le conseil qui vaut dans tous les cas : garder une copie de l'avis de situation avant et après la mise à jour, c'est la seule pièce datée qui atteste de l'état du répertoire à un instant donné.

Association, profession libérale, société étrangère : les cas particuliers

Le répertoire ne recense pas que des sociétés commerciales, et une recherche infructueuse tient parfois à une idée fausse sur son périmètre.

Une association reçoit un SIREN et un SIRET dès qu'elle emploie du personnel, qu'elle perçoit des subventions publiques ou qu'elle exerce une activité économique soumise à la taxe sur la valeur ajoutée. Une association purement bénévole et sans salarié n'en a pas, et la chercher est peine perdue. Un professionnel libéral, médecin, avocat ou consultant, est pour sa part inscrit comme entrepreneur individuel : il se retrouve exactement de la même façon qu'un commerçant, et son statut juridique ne change rien à la méthode de recherche.

Une société établie hors de France n'a en principe aucun numéro français. Elle en obtient un si elle ouvre un établissement sur le territoire, ou si elle emploie un salarié résidant en France, auquel cas elle figure au répertoire sans être pour autant une entreprise française au sens juridique. Pour un fournisseur situé dans un autre pays de l'Union européenne, l'identifiant unique à contrôler n'est d'ailleurs pas le SIRET mais le numéro de TVA intracommunautaire, vérifiable sur le service en ligne de la Commission européenne. C'est un point de vigilance courant avant le paiement de la facture d'un prestataire établi dans un autre pays.

SIRET, SIREN et les autres identifiants sur les documents commerciaux

Le numéro d'identification n'est pas seul sur une facture, et les confondre conduit à réclamer la mauvaise référence. Le code de commerce impose sur les factures, les bons de commande et la correspondance commerciale le numéro unique d'identification, le siège social et la mention du registre du commerce suivie de la ville du greffe : c'est l'article R123-237. L'article R123-238 y ajoute, pour les sociétés, la forme juridique et le montant du capital social. Ce numéro unique est le SIREN, pas le SIRET, et beaucoup de guides se trompent sur ce point.

Le SIRET reste néanmoins la référence que réclament de nombreux services de gestion, parce qu'il désigne un lieu et non une entité abstraite. Ces deux articles ne le mentionnent nulle part. Il est pourtant présent sur le bulletin de paie et sur les déclarations sociales, et dans le cadre d'un marché public il conditionne le dépôt de la facture sur le portail de l'administration, donc le paiement. Le numéro de TVA intracommunautaire, lui, se construit à partir du SIREN précédé de FR et d'une clé de deux chiffres, comme l'explique notre page sur le numéro de TVA intracommunautaire. Le numéro EORI, exigé pour les opérations douanières hors Union européenne, se forme au contraire à partir du SIRET complet.

Reste le code APE, souvent nommé code NAF. Il est attribué par l'INSEE d'après l'activité déclarée, il existe au niveau de l'entreprise comme à celui de chaque établissement, et il n'a aucune valeur juridique : il sert de repère statistique et de référence à certains taux de cotisation. Un établissement peut donc porter un code différent de celui de son unité légale sans que rien n'y soit anormal. Pour une lecture complète d'une fiche, l'extrait Kbis et les informations du registre du commerce complètent utilement ce que le répertoire Sirene expose.

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